VOIX DE JEUNES

Voix de jeunes pour Macron,

d’autres contre MLP

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Bulle 20 ans. Je vais voter Macron car je ne veux pas de Marine Lepen au pouvoir. Je veux continuer à faire ce j’aime : vivre dans la curiosité, la culture, le partage, le respect.
Je veux continuer de frôler la légèreté et la liberté, antonymes d’un quotidien sous le pouvoir du front national et de la haine.

Théo 22 ans. Je vais voter Macron car il a un programme économique viable, prenant en compte les enjeux de la mondialisation, et je le pense capable de négocier avec les multinationales. Son programme social est cohérent et tient compte de ces enjeux. Si je ne le pensais pas capable de diriger correctement la France, il n’aurait pas eu ma voix ».

Orianna, 24 ans. Dimanche 30 avril au soir, les conversations du bar où je me rends avec des amis sont animées. Les élections sont sur toutes le lèvres et les tons vont de l’inquiétude à la résignation. S’engage alors un vif débat avec nos voisins de table qui, nous l’apprenons, voteront blanc ou ne voteront pas.
Si la dédiabolisation du Front National m’était évidente, il m’apparaît alors qu’elle est accompagnée d’une diabolisation de certains candidats. Macron en tête parmi eux. Je ne peux qu’être surprise par le rejet, le dégoût viscéral que ce « banquier de Rothschild » suscite chez ces jeunes de mon âge qui le perçoivent « aussi grave que Marine ».
Ce candidat, ils ne s’y reconnaissent pas, et ne peuvent donc voter pour lui. Si leur vote ne peut être qu’identitaire, ils supposent que le vote de ceux qui les entourent l’est aussi. Nous devenons alors des « Macronistes » aspirés dans le sillon de ce nouveau diable politique et financier que le candidat d’En Marche ! représente selon eux. Et voter pour le « moins-pire » deviendrait alors un crime moral, une trahison à soi-même.
Mais n’est-il pas utopiste de penser que l’on peut voter pour un candidat parce qu’on se reconnaît en lui ? Macron n’est pas mon reflet dans le miroir. Je ne me reconnais pas en lui, et je ne le souhaite pas d’ailleurs. Mais face à une candidate dont les propos et le parti représentent le fascisme et donc l’anti-démocratie, j’utiliserai toutes les armes démocratiques à ma disposition pour m’opposer à son ascension au pouvoir. Je voterai Macron.

Chloé 11 ans Ne votez pas FN
Car glissez ce bulletin serait fatal.
La France deviendrait un Titanic destiné à sombrer.
Voulez-vous que la haine se propage comme du venin ?
Voulez-vous d’une France raciste et xénophobe ?
Ne votez pas FN
Car glissez ce bulletin nous serait fatal.
La France s’affaiblirait en tuant l’Europe.
Voulez-vous d’une France affaiblie ?
Voulez-vous d’une France qui se referme comme une coquille ?
Ne votez pas FN
Car glissez ce bulletin serait fatal.
Ne faites pas la fine bouche, le vote blanc est un vote indifférent au danger qui nous guette. Vous ne voterez pas ? Eux, voteront.
Le FN aime dénoncer, mais n’a pas de vraies solutions.

Réfléchissez car le pire n’est malheureusement pas impossible.

Bruno, 12 ans. « Je viens de l’inventer : le passé est passé, le futur est à venir, et chacun choisit de quel côté regarder. Je choisis le futur car l’évolution est ma religion, mais je n’oublie pas d’apprécier ce qui se passe présentement. » (SMS de Bruno à son père le dimanche 30 avril à 16h35).

Sarah, 14 ans. J’ai peur… La pensée que MLP pourrait être élue présidente de la république me vient très souvent depuis quelques semaines. Elle essaie de plaire aux jeunes, en se présentant comme quelqu’un de différent des politiciens traditionnels, elle veut récupérer la révolte des jeunes contre tout ce qui ne va pas dans notre société. Et le pire, c’est qu’elle y arrive trop souvent. Alors qu’en vérité elle vient d’une vieille tradition fasciste et néo-nazie. Elle est contente de l’élection de Trump, elle rend visite à Poutine, son élection serait une catastrophe pour la France, pour l’Europe et pour le monde entier. #EtMonFutur ?

Ulysse 16 ans. Un cauchemar. Nous sommes à Paris, chez des amis. Nous devons rester enfermés dans la maison. MLP a été élue, il y a des émeutes, des attentats terroristes, des morts. Je regarde par une fenêtre, je vois des incendies, des flammes. Je me réveille.
Si je pouvais voter le 7 mai, je voterais Macron sans hésitation parce que ce serait bien moins pire que Marine Le Pen. Sans doute que la façon de gouverner de Macron n’est pas la meilleure à mes yeux, elle est trop proche de ce qu’a fait François Hollande. Il faudrait un vrai changement. Mais si MLP était élue, ce serait une catastrophe qui aurait des répercussions au niveau mondial. On peut même craindre qu’il y aurait des morts. Chez Marine Le Pen, je n’aime rien, c’est même le contraire, tout me déplait. J’ai horreur de son racisme, de son intolérance, de son hypocrisie. Elle ment, elle triche. Elle cache son jeu. Il y a une Marine Le Pen de façade qui cache ce qu’il y a de pire chez l’être humain.

Martin, 18 ans. Je vote pour la première fois et ce sera pour Macron ! Cela me semblait une évidence, légitimée par la nécessité de faire barrage au Front, slogan avec lequel ma conscience politique s’est construite. Dans ma classe (je suis en terminale) mes camarades affichaient avant le 1er tour, leur soutien à Mélenchon. Depuis le 23 avril, je ne suis plus à l’aise. Les résultats bien sûr, mais surtout la solitude que mon positionnement a créée. Mes copains le battent froid, l’homme jeune devient un inexpérimenté dangereux, sa réussite professionnelle est jugée suspecte, son parti sans épaisseur, ses idées trop à droite fond de lui, selon mes camarades et mes amis, un menteur. Je voterai pourtant Macron, malgré mon isolement politique je ne vois pas quoi faire d’autre, sans hésitation.

Lara, 21 ans. Le Dimanche 7 Mai je vote Macron car je suis contre la xénophobie et contre un retour en arrière sur le droit des femmes. Ce n’est qu’en votant Macron contre Marine le Pen qu’il sera possible grâce aux législatives de laisser ouverte la discussion sur la prise de conscience écologique.

Flavien, 24 ans. Le 7 Mai je vote Macron car je ne pourrai pas vivre dans une France frappée par la censure artistique et médiatique. Le Front national bâillonne les médias satiriques et censure les voix des artistes dans ses circonscriptions. Je refuse de me faire le complice de l’appauvrissement culturel et du verrouillage du regard critique en France.

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