Non plus jamais ça, par Claudine Valette Damase

Dans cinq jours, Marine Le Pen pourrait être la présidente de l’horreur et il en serait fini de notre si chère république.

Je l’ai entendu parler de façon mièvre de sa conception de la protection sociale alors ce qui s’est imposé à mon esprit chagrin, c’est la  protection sociale du régime de Vichy, le secours national, véritable organe de propagande de Pétain.

Il y a si peu de temps encore, ce régime né le 16 Juin 1940, formé et gouverné par le Maréchal Pétain sous la devise «Travail, Famille, Patrie » laissant aux oubliettes la devise de la république « Liberté, Egalité, Fraternité », n’était pas reconnu comme un gouvernement d’extrême droite, fasciste, totalitaire et de collaboration. La politique extérieure de ce régime  était celle de « la Collaboration » avec l’Allemagne nazie. Ce régime prendra fin le 6 Juin 1944, les conséquences en ont été catastrophiques. Aujourd’hui encore, elles sont loin d’être toutes élucidées. Je suis en colère de constater le peu d’études consacrées au dessous de ce régime. Y aurait-il encore des choses à laisser enfouies ?

Dessus, en devanture

Le Secours National créé en 1914, reconnu d´utilité publique en 1915 est un organisme d’entraide regroupant différentes associations chargé de collecter des fonds pour apporter de l’aide aux militaires, à leurs familles ainsi qu’aux populations civiles victimes de la guerre, en épaulant les services sociaux déjà existants. Les revenus proviennent de taxes sur les jeux, les gains de la Loterie Nationale et divers legs et les surtaxes sur les timbres-poste !

Le gouvernement Daladier va le réactiver dès octobre 1939, à la tête un commissaire général Robert Garric, un homme aux doctrines saines, fidèle aux œuvres très catholiques du Moulin vert.

Dessous, Matin brun[1] en référence au livre de Franck Pavloff

Le secours national sous couvert d’être la principale structure d’action « humanitaire »  devient un des instruments diaboliques de propagande du gouvernement de Pétain dont les fonctions vont s’élargir considérablement pendant la Deuxième Guerre mondiale au point d’apparaître comme « un État dans l’État ».

Pétain va se charger d’instrumentaliser le secours national hérité de la première guerre mondiale en un système unique et efficace de protection sociale ; l’efficacité de la protection étant une aide inconditionnelle à l’Allemagne nazie. Sous couvert de l’aide et de l’assistance aux victimes de la guerre, il propage la haine et l’antisémitisme. Les associations familiales, d’entraide doivent collaborer avec la police. La méthode de travail promue est la dénonciation.

Pétain s’octroie la paternité morale du secours national en fondant et confondant les différentes associations qu’ils regroupent et en dissolvant les mutuelles et autres groupements juifs, communistes ou franc-maçons. Certes il y avait des contestations que Pétain se chargea de faire taire manu militari mais le terrain était prêt  des œuvres sociales et familiales telle que celle du Moulin vert s’y étaient employées en prônant dans un document remis à Petain : le mari chef naturel de la femme, la famille nombreuse, la lutte contre l’avortement et pour cela les associations familiales devaient œuvrer avec la police.

Les juifs sont exclus des conseils d’administration des bureaux de bienfaisance et privés de travail dans des organismes comme le Secours national ou la Croix Rouge française, dirigés par ailleurs par « des Français, nés de père français » ; et ceci en faveur de la collaboration.

Les juifs ne sont pas seulement exclus de toute responsabilité, ils le sont de l’aide en tant que victimes de guerre pourtant leurs biens confisqués, spoliés ont servi de façon éhontée à alimenter la trésorerie du secours national.

Au secours national, des bénévoles, des professionnels sont entrés en résistance souvent au péril de leur vie pour accompagner des enfants, des familles dans les camps et aussi pour cacher des enfants juifs.

Je salue ici leur courage pour nous avoir permis de retrouver la république et ses libertés aujourd’hui si menacées par Marine Le Pen et son parti.

Une seule réponse pour plus jamais ça, le vote pour le  républicain et démocrate Emmanuel Macron.

[1] Franck Pavloff, Matin brun, Cheyne.

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