La bête grossit, par Caroline Doucet

Meeting du front national et un simple constat : la bête grossit. JM Le Pen l’avait prédit : « je suis la bête immonde qui monte » (réunion de Compiègne, 1984). Slogans haineux, désignation, manipulation des images, et autres techniques bien connues du Front National à l’origine des catastrophes de l’histoire saturent l’espace public et font leur oeuvre. Tout y est. Tout fonctionne. Le front républicain n’est plus et l’entreprise de diabolisation de Macron est en passe de réussir.

Une question s’impose : est-on arrivé au terme du processus ou bien le ventre est-il encore fécond d’où peut sortir l’immonde tant la crise du sujet et celle du temps présent semblent faire rencontre ?

Le temps de reconstituer l’histoire viendra, celui d’identifier les objets, les grandes figures et logiques capricieuses ou répétitives qui l’ont produite. Mais « l’attitude analytique »[1] n’est pas celle de la construction in mémoriam, ni celle du constat, pas plus que celle du spectateur averti. Fréquenter l’inconscient permet de percevoir l’urgence du présent et d’ajuster son acte.

Politique du réveil : lutter contre la bête. Agir, mobiliser. Saisir les circonstances réglées ou aléatoires de l’instant qui font de chacun un sujet de l’histoire assemblé à d’autres dans le vent de l’Histoire.

[1] Miller, JA, Choses de finesse en psychanalyse, cours du 11 mars 2009.

Cet article a été publié dans ALERTE, Just published. Ajoutez ce permalien à vos favoris.