Paris Newark, par Elodie Bernard

1940 Newark USA, les élections présidentielles…. Un certain Charles Lindbergh et l’ancien président F.D.Roosevelt….

Personne n’y croit. Ce n’est pas possible…. Pourtant si, Lindbergh est élu.

Mais tout se passera bien, cet homme a de grandes qualités, et veut la grandeur de l’Amérique, le bonheur simple de ses concitoyens, du travail pour tous.

“ Notre pays est en paix, notre peuple est au travail. Nos enfants sont à l’école. Je suis venu jusqu’à vous pour le rappeler. À présent je rentre à Washington pour que cela continue.”[1] dit-il.

Paroles rassurantes et très étranges, prononcées, sur fond de guerre mondiale, et de révoltes citoyennes.

Désormais hors la loi, les révoltes visant à défendre et garantir les libertés d’être et de penser sont contenues par la violence et connaissent une repression sanglante. Sous la chasuble de la sécurité pour tous, se profile celle de la camisole pour tous.

Ai confiance, crois en moi et laisse moi t’endormir pour faire de toi ce que je veux, pourrait en être un sous-titre.

C’est ainsi qu’un jour, sans s’y attendre, sans en peser les conséquences, puis sans y croire vraiment, l’Amérique se reveille sous le joug d’un gouvernement à tendances dissimulées anti-libertaires, violentes et repressives, pour faire le bien.

Il s’agit d’une fiction de l’écrivain américain Philip Roth. Cependant, comme souvent, la réalité pourrait dépasser la fiction.

À quel point il serait terrible de nous reveiller, à l’instar des personnages de ce roman, dans un cauchemar.

 

[1] Roth, Philip, Le complot contre l ‘Amérique, 2004, Gallimard, p. 439.

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