JOURNAL EXTIME (19)

LE TRIOMPHE DU DIABLE

 Je m’apprêtais à suivre le conseil que Françoise Giroud donnait jadis aux journalistes en herbe et à mettre sur le dessus de mon panier, à la première page de ce Journal, la plus belle fraise que j’avais cueillie durant la journée de samedi, à savoir une idée mienne qui avait illuminé pour moi la logique que je cherchais de la fameuse « dédiabolisation », quand Rose-Marie Bognar-Cremniter m’apporta ce qu’elle venait de transcrire des propos tenus par Alain Finkielkraut lors de sa dernière émission dominicale de Radio J sur le sujet de la visite rendue par Emmanuel Macron au Mémorial de la Shoah à Paris.

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            Stupéfaction et incrédulité furent mes premiers sentiments. Je le vois, je n’arrive pas à le croire.

Je dus me rendre à l’évidence, et le sentiment dominant, ce fut alors l’accablement. Si même un Alain Finkielkraut, qui a annoncé voter Macron, voue tant de haine à ce que celui-ci représente à ses yeux qu’il fraye la voie au vote Le Pen dans l’esprit de son lectorat, alors Marine Le Pen va passer. Elle a partie gagnée.

La logique de la dédiabolisation est arrivée à son terme. C’est maintenant au tour de l’adversaire électoral du FN d’être diabolisé, pendant que la normalisation du FN, tenue pour un fait accompli, se sublime peu à peu en une sorte de sanctification laïque du parti nationaliste.

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Je ne suis pas un ami personnel d’Alain Finkielkraut. C’est un garçon de ma génération dont je n’ai jamais croisé le chemin ni dans ma jeunesse ni dans mon âge mûr. J’ai suivi de très loin son parcours.

Le premier et le seul de ses livres que j’aie lu a été sa Défaite de la pensée, paru en 1987. Je pouvais partager certaines de ses ironies, je ne me retrouvais ni dans la tonalité dépressive, mélancolique, de l’opus, ni dans le dignostic heideggerien porté sur le malaise contemporain dans la civilisation, et je me sentais à tous égards plus proche de l’ouvrage qui l’avait sans doute inspiré, le best-seller du Pr Allan Bloom, The Closing of the American Mind, 1987, vaste fresque carnavalesque d’un monde universitaire parcouru de mouvements sociaux délirants et saisi d’une folie de pureté traduisant un appel désespéré au Nom-du-Père. C’était l’ouvrage d’un grand universitaire gay du type « grande folle », ancien élève de Leo Strauss, et enseignant allumé et allumant de Platon et de Rousseau sur les campus américains d’élite.

Il y aurait beaucoup à dire sur cet érudit hors normes. La revue Commentaire lui a consacré un numéro d’hommage que j’ai soigneusement gardé, mais que je ne retrouve plus dans mon désordre. Il a inspiré à Saul Bellow un merveilleux roman à clef dont il est le personnage principal : Ravelstein.

Plus près de nous, si j’avais été sollicité de donner mon avis lors du débat que provoquèrent les réformes de Mme Najat Vallaud-Belkacem, j’aurais dit que je partageais la plupart des opinions exprimées par Alain Finkielkraut. J’avais souvent admiré la vaillance dont il faisait preuve quand il bataillait à contre-courant au cours de ces dernières années en faveur d’Israël, même si j’aurais eu à faire état de certains différends si nous avions eu l’occasion d’échanger. J’ai été sensible au talent qu’il a su déployer durant un âpre débat télévisé face à mon ami Edwy Plenel, l’avocat si éloquent de la solidarité inconditionnelle avec les opprimés, en premier lieu les musulmans des pays développés.

Enfin, j’ai eu il y a deux ans, en juin 2015, le plaisir d’être invité par lui à sa célèbre émission « Répliques » sur France Culture, afin de poursuivre sur les ondes un débat que j’avais commencé par revue interposée avec mon ancien camarade althussérien Jacques Rancière. Celui-ci fit remarquer que, sur le point en débat, Finkielkraut et moi étions du même côté par rapport à lui, Rancière.

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Qu’a donc dit Alain Finkielkraut de si terrible ? Je ne voudrais pour rien au monde tronquer ni déformer des propos qui se suffisent à eux-mêmes, si je puis dire.

On trouvera en fin de numéro les transcriptions qui m’ont été apportées par mon assistante et amie Rose-Marie. Je suppose que l’on peut avoir accès au replay de l’émission sur le site de la revue Causeur et celui de Radio J.

En bref :

  • 1) il y a d’abord le fait : Emmanuel Macron, candidat à l’élection présidentielle, l’un des deux candidats présents au second tour, se rend au Mémorial de la Shoah, 17, rue Geoffroy-L’Asnier dans le quartier du Marais, le dernier dimanche d’avril, où on célèbre la Journée nationale du souvenir de la déportation.
  • il y a l’objection morale : « On ne peut pas faire de l’extermination des juifs un argument de campagne. »
  • 2) il y a l’objection politique : il n’est ni légitime ni bien avisé de « mobiliser l’électorat juif contre Marine Le Pen car ce ne sont pas de jeunes militants du FN qui rendent impossible l’enseignement de la Shoah dans les écoles ou qui vont chercher des faits alternatifs aux camps de la mort. »

Enfin, perce une sympathie pour le FN. Un « cordon sanitaire », dit Finkelkraut, avait été établi  « autour du FN sous prétexte de nous protéger. Elsabeth Lévy : « Mais c’est pour nous protéger aussi des questions qu’il pose et des demandes de ses électeurs. » Alain Finkielkraut : « Exactement. »

            Ce faisceau, un fait plus trois énoncés, explique selon Finkielkraut le déclenchement de sa colère, et le fait que « le fils de déporté en moi (AF) hurlait. »

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Au moment de dactylographier ces lignes, je ne suis plus dans l’instant-de-voir, je suis entré dans la séquence de ce que Lacan appelle « le temps-pour-comprendre », qui demande plus de sérénité, « le silence des passions » aurait dit Jean-Jacques.

Je demeure néanmoins effaré de la débilité mentale dont témoignent de tels propos, et de l’abjection politique à laquelle ils conduisent tout droit Finkielkraut.

Finkieikraut votera Macron à titre personnel, mais il fait simultanément tout son possible pour que ses lecteurs, ceux qui lui font confiance, interprètent son désir au-delà des mots que lui impose de dire le « politiquement correct » — et votent bel et bien Le Pen, tentation qui travaille, on le sait, des milieux juifs radicalisés à droite, et que vise particulièrement la revue Causeur d’Elisabeth Lévy.

La démarche de Mélenchon n’est pas différente : constuire de toute pièce un casus belli avec Macron, de façon à ce que les électeurs adulant le chef de la France insoumise soient amenés à se dire qu’ils n’ont pas d’autre solution que de déposer dans l’urne un bulletin Le Pen, tentation qui s’est fait jour à de multiples reprises.

La conjonction des tentations, la double tentation exercée par la Bête immonde, peut faire élire Marine Le Pen présidente de la République.  Il reste peu de  jours pour exposer devant le peuple français le formidable étau où sa liberté est enserrée et menacée d’être écrasée.

Foin de Mélenchon ! La seule question le concernant est de savoir combien de temps les médias joueront les autruches avant de redécouvrir le pot-aux-rose de sa filiation hitléro-trotskiste et ce qu’elle éclaire de ses présentes manœuvres pour désarmer la jeunesse et la livrer à ses ennemis.

Pour ce qui est d’Alain Finkielkraut, il s’agira de comprendre. Comprendre comment un esprit disert et délié, comblé des plus grands honneurs par la République, a pu glisser dans un discours où la bêtise le dispute à la canaillerie.

Dès ce soir, après avoir lu ce texte lors de la soirée anti-Le Pen qu’organise le monde de la culture au Théâtre des Bouffes du Nord, et où j’ai été convié à prendre la parole bien que n’éant pas un artiste, je commencerai de livrer mes premières hypothèses.

Jamais à vrai dire je n’aurais soupçonné qu’Alain Finkelkraut avait le cerveau d’un shlémil.

Ce mot yiddish désigne un pauvre d’esprit, un simplet. Dans les Contes d’Hoffmann d’Offenbach, le nommé Schlémil se fait voler son ombre par le Diable. C’est bien ce qui est arrivé à ce cœur qui se croyait assez intelligent pour festoyer avec Satan. Mais c’est Satan qui mène le bal, pauvre Alain, le bal des lepénotrotskistes, et tu es le dindon d’une farce dont tu crois être le metteur en scène.

Tu n’es que « la marionnette vivante » de ton fantasme.

 

LES AMIS DU JOURNAL EXTIME

IL Y A URGENCE

Le texte de cette pétition n’a pas été adressé au Journal extime par ses promoteurs ; il m’ a été communiqué par Stella Harrison, membre de l’Ecole de la Cause freudienne.

Pétition en vue du second tour de l’élection présidentielle

Il nous a semblé que l’initiative prise par quelques chrétiens bien connus méritait d’être portée à la connaissance des lecteurs de « Dieumaintenant ».

« Il y a urgence » à endiguer la progression du Front National.  Vous trouvez ici le texte de la pétition. Pour la signer, cliquer sur le lien suivant :

 Il y a urgence

Il y a urgence ! Notre pays va devoir choisir entre deux projets politiques radicalement différents. Certaines personnes, revendiquant leur identité catholique ont annoncé qu’elles voteraient Marine Le Pen, et d’autres, qu’elles refuseraient de choisir entre les deux finalistes. Nous respectons leur choix : entre l’appartenance chrétienne et les choix politiques, il n’y a pas de continuité mais un discernement, une prise de risque, déterminés par les sensibilités et les solidarités de vie. À notre tour, nous, qui sommes également chrétiens, souhaitons énoncer les raisons qui nous conduiront à voter Emmanuel Macron le 7 mai prochain

Marine Le Pen prétend se faire l’écho du cri et des souffrances d’une partie de celles et de ceux qui se sentent exclus des opportunités de la mondialisation, méprisés ou ignorés par la « France d’en haut ». S’il faut prendre au sérieux la détresse de ces personnes, il faut reconnaître que les solutions que propose Marine Le Pen sont dangereuses et néfastes pour ceux-là même qu’elle dit vouloir défendre. La sécurisation qui reposera sur l’exclusion d’autres personnes en situation de fragilité, alimentera la rancœur sociale. La dénonciation des élites n’est qu’opportunisme. Ces solutions ne peuvent nous satisfaire. Au-delà des enjeux moraux, elles nous semblent foncièrement dangereuses pour l’harmonie sociale et pour la dynamique économique. 

D’un point de vue international, la sortie de l’Union européenne et des grands traités aura des conséquences économiques catastrophiques. Dans l’histoire récente, les nationalismes économiques et politiques ont toujours conduit vers la guerre. Dans les années 1930, comme dans l’actualité récente, les leaders populistes se soutiennent dans la conquête du pouvoir avant de s’affronter une fois devenus maîtres du terrain de jeu international. La paix mondiale, que nous connaissons depuis 1945, repose sur des mécanismes de sécurité collective et de coopération supranationale qui n’ont pu voir le jour qu’au prix de deux guerres mondiales qui ont fait plus de 60 millions de victimes. 

La proposition de Marine Le Pen de neutraliser religieusement l’espace public nous paraît aberrante. Attentatoire aux libertés individuelles, cette mesure alimenterait les luttes pour la reconnaissance, renforçant les communautarismes. C’est lorsque nous sommes reconnus dans notre identité profonde que nous pouvons donner le meilleur de nous-mêmes au collectif qui nous accueille. Si le discours a été poli, si un effort de respectabilité a été fait concernant ces candidats, nous ne pouvons ignorer les nombreuses connexions qui continuent à exister, notamment sur Internet, entre le Front National, la sphère néo-païenne des Identitaires, et tous ceux qui font de l’alimentation des haines et des peurs leur fonds de commerce

En citoyens libres, nous portons sur Emmanuel Macron des jugements contrastés. Certains parmi nous sont sensibles à sa volonté d’apaisement et de réconciliation, sa capacité à penser la complexité, ses qualités d’empathie. Ils se reconnaissent dans son projet de société inclusive. D’autres sont plus réservés et critiquent une forme de libéralisme sociétal insensible aux plus fragiles. Comme le candidat d’« En Marche ! » l’a dit à plusieurs reprises, la mission d’un président de la République est de garantir le respect de la constitution, la continuité de l’État et le bon fonctionnement des institutions. C’est au Premier ministre, issu du parti qui arrivera en tête aux élections législatives du mois de juin, qu’il appartiendra de déterminer la politique de la nation et de gouverner. Pour l’heure, il s’agit de choisir la personnalité qui pourra présider de manière apaisée et réparer une France divisée et meurtrie. Seul Emmanuel Macron nous donne ces garanties.

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François Ernenwein, journaliste, président de Confrontations 

Hervé Legrand, théologien, vice-président de Confrontations 

Françoise Parmentier, sociologue, membre du bureau de Confrontations 

Jean-Louis Piednoir, mathématicien, président d’honneur de Confrontations 

Guy Coq, philosophe, membre de Confrontations 

Geneviève Dahan-Seltzer, sociologue, membre de Confrontations 

François Euvé, théologien, membre du bureau de Confrontations 

Bertrand Galichon, médecin, membre de Confrontations 

Isabelle de Lamberterie, juriste, membre du bureau de Confrontations

Marc Leboucher, éditeur

Laurent Lemoine, psychanalyste, membre du bureau de Confrontations 

Charles Mercier, historien 

Florian Michel, historien 

Michel Sot, historien, membre du bureau de Confrontations 

Christophe Henning, journaliste, membre de Confrontations 

Antoine Sondag, membre de Confrontations 

Antoine Paumard s,j directeur JRS France 

Pierre Arlaud, juriste, membre du bureau de Confrontations 

Dominique Chivot, journaliste, membre de Confrontations 

Catherine Withol de Wenden, directrice de recherche au CNRS 

Guy Aurenche, avocat honoraire

Catherine Gremion, sociologue CNRS 

Patrick Boulte membre fondateur de Solidarités Nouvelles face au Chômage et membre de Confrontations. 

 Gauderique Traub, ancien élève de Sciences Po, membre de Confrontations 

 

EDWY REPOND A JACQUES-ALAIN

Cher Jacques-Alain,

Je vous ai déjà répondu par avance, c’est en lien ci-dessous et ça dure 13 mn. C’était sur LCI jeudi matin, depuis ça tourne énormément sur les réseaux sociaux, et ça fait beaucoup plus (et beaucoup plus efficacement) pour le vote Macron contre la menace Le Pen que les injonctions arrogantes de tous ceux qui sont responsables de la montée du FN, par indifférence coupable à l’enjeu démocratique et à l’urgence sociale :

https://www.youtube.com/watch?v=yuL8auEDRrI

Par ailleurs, il suffit de lire (ou d’écouter lors des Live) pour savoir où nous nous situons, à Mediapart, sans barguigner ni mégoter, face à la menace d’une victoire de l’extrême droite. « Face au fascisme, je suis prêt à m’allier même avec le diable et sa grand-mère » (Léon Trotsky). Illustré mercredi soir, ici, par le mathématicien Michel Broué :

https://www.youtube.com/watch?v=rO4LguPLelA

 Et là, avec écoute, échange rationnel et pédagogie collective :

https://www.youtube.com/watch?v=nzmK77m3auk

Enfin, nous sommes d’autant plus au clair que, dès janvier 2015 (dans Qu’ont-ils fait de nos espoirs? chez Don Quichotte), hélas, nous écrivions ceci, alarme qui, loin d’avoir été entendue par Hollande-Valls, a été suivie de leur fuite en avant autoritaire, inégalitaire et identitaire – c’est-à-dire exactement ce qui fait la courte échelle au FN :

«  La France est à la merci d’un accident historique : l’élection à la présidence de la République, en 2017, de la dirigeante d’extrême droite Marine Le Pen. Il ne s’agit là ni de pronostic, ni de prévision, encore moins d’un pari. Simplement d’une analyse froide de l’ampleur sans précédent de la crise de représentation politique, de la dévitalisation de notre démocratie, de l’épuisement des projets tant au sein de la droite républicaine que des gauches de gouvernement ou radicale. Oui, ce dérèglement politique majeur rend possible l’accident électoral. » 

Bref, je crois que vous vous êtes un peu trompé d’adresse : s’il y a un journal qui, aujourd’hui, mène le combat à la fois informatif et intellectuel contre le FN, c’est bien Mediapart, où il vous arrive de poster vos toujours intéressantes réflexions.

 Avec mon amical souvenir,

Edwy

  

JEAN-PIERRE DEFFIEUX : SENS COMMUN OU SENS UNIQUE ?

La revue de presse InfoCatho a transmis un communiqué  du mouvement Sens commun  le lundi 24 avril au lendemain du premier tour :

« Devant le choix qui leur est aujourd’hui proposé entre l’extrême droite et l’extrême flou, nous demandons aux Français de peser en conscience les conséquences de leur vote lors du second tour. Respectueux de la liberté de chacun, Sens Commun ne donnera pas de consignes, suivant son habitude. Nous sommes néanmoins convaincus que le vainqueur de ce scrutin, quel qu’il soit, ne saura réunir qu’une majorité divisée et impuissante, et nous continuons à croire que l’un et l’autre programmes seront dévastateurs pour notre pays : nous ne souhaitons ni le chaos de Marine Le Pen ni la déconstruction d’Emmanuel Macron.

Voilà pourquoi, dès aujourd’hui, nous invitons solennellement nos élus, nos cadres et nos adhérents à ne ménager aucune de leurs forces dans les prochaines échéances électorales. Déterminés à redresser le pays, nous poursuivrons la reconstruction de la droite aux côtés de ceux qui voudront faire des Républicains un véritable parti d’opposition, sûr de ses principes et efficace dans son action, et nous appelons les Français à nous rejoindre dès maintenant. »

Au risque de voir Marine Le Pen au pouvoir !

Le mouvement Sens commun est issu de la Manif pour tous, il s’est fait connaître par son opposition au mariage entre personnes du même sexe et à l’adoption plénière pour les couples homosexuels. Il revendique le maintien de la famille traditionnelle. Mais depuis 2013, Sens commun trace son sillon, s’organise, se politise, soutient le candidat de droite François Fillon à l’élection présidentielle. Plusieurs de ses membres présentent leur candidature sous la bannière LR aux prochaines législatives.

Les responsables de ce mouvement sont pour la plupart de jeunes intellectuels,  cultivés, de milieu aisé, chantres de la tradition et avant tout catholiques et mariés.

Sens commun est, je pense, à entendre ici comme Le bon sens, l’évidence du bon sens, comme le sens qui rassemble, qui va dans le même sens, le sens unique.

Je m’intéresse ici à l’une d’elles, maintenant bien connue,  Madeleine Bazin, qui a inspiré un article assez bien fait dans le dernier numéro 21 de la revue Charles. Je ne résiste pas à citer le début de cet article : « Elle est le visage, si doux d’apparence, de cette armée de l’ombre, issue de la Manif pour tous, qui a hissé le candidat de cette France catholique, anti bling-bling et conservatrice en tête de la primaire. »

Anti bling-bling ? Elle ne l‘est pas en tous points. Certes, d’un côté elle a une certaine  sobriété gaullienne, mais de l’autre une irrésistible tentation de « faire aristocrate » : la famille Bazin, bourgeoise s‘il en  est,  a fait ajouter à son nom celui de : de Jessey.

Cette jeune femme brillante, normalienne, a un côté assez troublant que l’on repère entre les lignes. Par exemple on peut lire dans l’article de Charles, qu’elle a été élève de l’école Montessori jusqu’en CM1, méthode reconnue et honorable puis élève de l’institut Saint-Pie XI, plutôt d’extrême droite, prière tous les matins, messe en latin une fois par mois et une partie des cours donnés par des religieuses.

Et la fausse ingénue nous dit ceci : « Je passais de tout  à son contraire. Et j’ai adoré, c’est bizarre, j’ai adoré les deux. » Vraiment, sans distinction ? On ne retrouve pas cette  naïveté dans son action : Elle a été de toutes les manifestations contre le mariage pour tous et contre l’avortement,  elle a cofondé le mouvement des Veilleurs. Elle se revendique « conservatrice sur le plan des valeurs. » Elle veut réconcilier l’homme avec la nature, ce qu’il a d’inné et donc ce qu’il doit à Dieu sans liberté de décision. Ce qu’elle veut pour la France, c’est un grand mouvement conservateur, c’est arracher à la gauche, pauvre gauche, l’hégémonie culturelle dont elle s’est emparée depuis la Libération (dixit Mme Bazin). Elle est pour la tradition, c’est-à-dire contre le progrès, même si elle emmaillote cela derrière d’apparentes diversions.

L’ambiguïté redoutable, on la trouve aussi quand elle dit que la laïcité ne doit pas devenir « une sorte de religion de substitution. » Elle dénonce en fait la laïcité parce que la laïcité met  en danger les signes du catholicisme.

Madeleine Bazin de Jessey n’est pas seulement porte-parole de Sens commun, elle est secrétaire nationale déléguée à l’Enseignement supérieur du parti Les Républicains depuis février 2016, et elle a laissé entendre qu’elle souhaitait se présenter aux prochaines élections municipales, donnant au moment des llégislatives la priorité à sa famille.

Ses ambitions gouvernementales sont à peine déguisées… pour l’instant en délicatesse.

On ne peut que se demander comment une jeunesse intelligente, cultivée, ouverte sur son monde peut soutenir un tel obscurantisme, une telle régression, disons-le avec Lacan une telle connerie de la tradition.

Je suis donc allé lire leur programme, le socle Sens commun, et j’ai bien l’intention de vous le commenter dans le détail.

 

TROIS ENVOIS DE FRANCOIS DELPLA

François Delpla (1968)

Cher archicube et néanmoins ami, je diverge sur la désignation des cocus, ayant quelque culture sur l’Insoumission (sans en être, engoncé que je suis dans le décryptage du nazisme).

Mélenchon collabo via Lambert, record d’amalgame. Il conviendrait de préciser qu’il a quitté l’OCI à 19 ans, y ayant adhéré à 16 : si Boussel l’a lâché si jeune après seulement trois ans de couvaison, probablement d’ailleurs à provinciale distance et sans le rencontrer, et l’a considéré comme un sous-marin bien rodé au lieu de lui en vouloir à mort de s’échapper si vite, quel comploteur de génie, quel marionnettiste aux mille ficelles jamais embrouillées. L’époque est bien confuse… et les non dupes errent comme jamais.

Je ne puis m’abstraire assez de mon travail pour de plus longs commentaires, aussi finirai-je par quelques lignes postées ce matin sur mon Facebook

 https://www.facebook.com/profile.php?id=100014944396664 :

JEAN-LUC, JE T’EN SUPPLIE, RESTE HUMBLE !

Depuis plus d’un an, un spectre hante la France : celui de ton EGO, décrit comme « surdimensionné ». Ce géant a été successivement, de façon, comme disaient jadis les ethnologues colonialistes, « prélogique“, c’est-à-dire indifférente à la contradiction, responsable de ta déclaration de candidature,  de ton refus hautain de participer à une élection primaire, du bruit selon lequel tu ne voulais pas gagner mais emmerder le monde en général et le parti socialiste français en particulier, de ton refus de t’effacer devant Benoit Hamon puisqu’il avait gagné la primaire contre d’autres que toi,  de tes succès de tribune devant des nullités subjuguées, de la prétention avec laquelle tu avais bon espoir d’être élu, enfin, tout récemment, de ton choix de ne pas monter, le 23 avril à 20 h 05,  dans le TGV des néo-macroniens, un comportement qui ne pouvait être le fait que d’un « mauvais perdant » et en aucun cas celui d’un citoyen circonspect.

La cohabitation dans ta personne de cette montagne et de toi-même
aurait de quoi tourner plus d’une tête.

JEAN-LUC, JE T’EN SUPPLIE, RESTE HUMBLE !

Merci de ton écoute.

SECOND ENVOI

en réponse à ma demande d’autoriser la publication du premier envoi dans le Journal extime. — JAM

 Bien entendu, si and only if ça se fait pour d’autres.

Dernier ouvrage paru (ou « auteur notamment de ») Hitler, Propos intimes et politiques 1942-1944, Nouveau Monde, 2 vol, 2016 (je ne sais plus si LQ a eu le SP des deux tomes, ça doit pouvoir encore se faire). Merci décidément de ton écoute.

TROISIEME ENVOI

Cher ami, s’il en est temps encore, sinon ça ne mange pas beaucoup de pain, il siérait de corriger mes infos sur une adhésion « de 16 à 19 ans » (soit de 68 à 71, le gaillard étant né le 19/8/51) que j’avais tirée d’un article sur le public des obsèques de Boussel.

https://www.wsws.org/francais/News/2008/fev08/lamb-f02.shtml .

A présent j’ai sous les yeux son livre Le choix de l’insoumission où on lit p. 66-71 qu’il adhère au « trotskysme lambertiste » dans le cadre d’une scission de l’UNEF à Besançon en 1971 (19 ans) et s’en fait exclure pour indiscipline (un bon point, non ?) en 1974 (23 ans). Il est vague sur les détails de l’exclusion mais pas sur ses pratiques de masse qui déroutaient les superviseurs parisiens : « On faisait venir le commissaire politique à nos banquets, si bien que le gars ou la fille était absolument hors d’état de faire son prêche bolchevisant devant des gens si étranges, qui criaient « Vive la IVème Internationale ! » pour lui faire plaisir, avant d’entonner des paillardes. » C’est peut-être faux ou embelli mais ça ressemble assez au bonhomme et prendrait-il le risque de briser, comme Jospin, sa carrière (le livre est de 2016) si son exclusion avait été truquée pour libérer un « sous-marin » ? Sa vie doit être fouillée aujourd’hui par mille détectives publics ou privés…

Bon courage et bonnes inspirations devant le rebattage des cartes avec Dupont-Aignan, qui accroît certes le danger.

 

FRANÇOIS REGNAULT :

LE STYLE ECCLESIASTIQUE DE MGR. MELENCHON

suivi d’une « note personnelle 

sur les consignes électorales de l’église de france »

 

Comme l’Église de France, dont un grand nombre de catholiques ne suivent plus les instructions depuis belle lurette (sur les questions de la pilule, de l’avortement, du mariage gay, voire de l’euthanasie, etc.), Mélenchon ne donne pas de recommandation de vote ; on me dira : erreur, il demande qu’on ne vote pas pour Marine Le Pen. Les médias notent la différence : l’Église de France avait demandé qu’on ne votât pas pour Jean-Marie Le Pen (non pas nommément, peut-être, mais enfin ce fut reçu comme évident) lors du choix entre Chirac et Le Pen le 21 avril 2002. Aujourd’hui, la consigne de l’Église de France  est qu’elle n’appelle « pas à voter pour l’un ou l’autre candidat. »

Comme elle ne soutient pas non plus le vote pour les deux (ce serait un vote nul), il reste, grammaticalement : « ou l’un, ou l’autre », ou : « aucun des deux ».

Une question méchante : est-ce parce que Chirac était catholique, tandis que Macron est un « banquier » qui pratiquera le taux à intérêt, lequel est interdit par L’Église ? J’en doute.

L’église de Mélenchon (7 millions d’électeurs, dira-t-il, et 500 218 membres à l’heure où j’écris, 30 avril 2017, 14 heures), elle, laisse aussi à ses ouailles une liberté similaire (vote Le Pen exclu). Son argument, exposé sur une vidéo d’Internet dans une sorte de conversation face à vous au coin du feu (sans feu), où son air bonasse de chanoine se veut familier,  est le suivant : « Chers adhérents à mon projet de la France insoumise, mes petits enfants, vous comprenez que je ne vous dise pas ce que je ferai le 7 mai ; j’irai voter, bien sûr, puisque je prône le vote obligatoire, mais je ne vous dirai pas si je m’abstiens, si je vote blanc (l’enveloppe vide, ou un bulletin blanc), ou si je mets un bulletin nul (avec par exemple « Macron sale banquier ! »), ni même si je vote Macron par une soudaine abnégation (on en doute !), c’est, dans chaque cas, que je veux vous garder autour de moi au sein du mouvement de moi que j’ai fondé, mais sans vous soumettre à moi. » Et de compter sur le discernement de chacun de ses fidèles, comme le font les évêques de France. (Je résume en gros les propos longuement tenus par lui).

Surtout, il veut garder ses troupes pour les élections législatives, et déjà, compte tenu des résultats de la « France insoumise » dans les grandes villes qu’il énumère à plaisir dans son homélie, le voilà engagé d’avance dans les négociations électorales du Système qu’il récuse.

Mais au fond, pourquoi ne voterait-il pas Marine Le Pen malgré ses dénégations ? Car si elle était élue, dit-il, ce serait la guerre civile. Mais en quoi la guerre civile gênerait-elle la « France insoumise » ? Au contraire, chacun pourrait prendre les armes, et le fameux « coup de balai » qu’il recommande depuis le début de sa campagne (cette expression était hélas celle des Croix-de-feu anti-parlementaires en 1936, et il devrait faire attention à son vocabulaire, lui qu’on loue pourtant pour son sens du signifiant !) n’en aurait que plus d’effet, si le balai était un fusil.

Mais pour l’instant, il se soumet au second tour du vote, il récuse la violence, mais tout de même, si l’élection de Marine avait lieu, quelle chance pour l’insoumission ! A moins que fidèle à la tradition du PCF, il ne comptât que sur des révoltes analogues à celles, longtemps attendues, du contingent lors de la guerre d’Algérie, et qui s’opposeraient à la dictature fasciste… dans l’ordre et dans la dignité.

Une vieille dame avait trois chats : l’un n’aimait que les croquettes, le second ne supportait que le poisson, le troisième pouvait presque manger de tout. Elle s’arrangeait pour leur laisser croire qu’elle assaisonnait une apparence de croquettes avec du poisson, et qu’elle y ajoutait un peu de tout. Ils lui faisaient confiance, le troisième chat habitué à tout  dans sa pâtée, le second y flairant une sardine, le premier croyant y reconnaître des croquettes. Elle entendait ainsi les garder autour d’elle. D’où la confidence : vous comprenez bien pourquoi je ne vous dis pas ce que je verserai dans mon urne. On louait la vieille dame de cette recette à laquelle elle avait, non sans fierté d’ailleurs, donné le nom de « bouillie pour les chats ! »

Note personnelle sur

les consignes électorales de l’Église de France

 

            Venons-en aux consignes de l’Église de France.

Sur le prêt à intérêt, d’abord, comme chacun le sait : 1. Il n’y a pas de banque du Vatican. 2. Il y a une banque du Vatican, mais elle ne pratique pas le prêt à intérêt, conformément aux prescriptions du Lévitique, qui le condamne. 3. Elle pratique le prêt à intérêt, mais selon l’équité et la justice. On reconnaît l’argument du chaudron invoqué par Freud.

Sur les consignes de vote, le chrétien que je crois être prend ici la liberté de penser ce qui suit à propos de la déclaration de la Conférence des évêques de France en la personne de leur porte-parole, Mgr. Olivier Ribadeau Dumas qui rappelle les principes fondateurs du christianisme, appelés « fondamentaux », non par lui sans doute, dans la présentation de Google. (On sait que le renvoi aux « fondamentaux » est une tarte à la crème de notre temps, qui évite d’en nommer aucun ; on croit qu’il y en a, on ne sait pas combien, on ne dit pas lesquels) :

« À la lumière de l’Évangile qui inspire son Enseignement social, l’Église catholique veut éclairer les consciences en donnant des éléments pour le discernement. Ainsi, n’appelle-t-elle pas à voter pour l’un ou l’autre candidat mais, en rappelant les enjeux de l’élection, elle souhaite donner à chacun des éléments pour son discernement propre. Elle redit l’importance du vote : acte citoyen, acte responsable dans une démocratie. »

Sera-t-il justement permis à un chrétien de dire que, pour reprendre mon apologue des chats, je trouve cela assez : ni chair ni poisson ?

S’il y avait eu un second tour Fillion/Le Pen, la position eût-elle été la même ? Probable ! Certes Fillon est catholique, il a fait appel en fin de campagne à « Sens commun » (issu en 2013 du mouvement « la Manif pour tous », voir les analyses des origines de ce mouvement par Jacques-Alain Miller), et puis il a déclaré, à propos de ses « affaires » : « Je ne suis pas un saint.» On se rappelle le mot de Tartuffe, « Mais Madame après tout je ne suis pas un ange. »

Cependant « sens commun » n’est guère en odeur de sainteté dans l’Église. Alors, est-ce parce que Marine Le Pen n’est plus le Diable, et que Macron n’est pas encore un Ange que l’Église n’appelle pas à voter pour l’un ou l’autre ? Ô Ponce Pilate.

Franchement, n’est-il pas permis aussi, en cette conjoncture où ressurgit en force, toléré, banalisé ou avalisé par la plupart des politiques et des médias, ce qu’il y eut de pire sous le gouvernement de Vichy et pendant l’Occupation, de rappeler la bien peu sainte prudence, alors, de l’Église de France ? Elle se soumit en gros à Vichy. À l’exception, entre autres, de Mgr. Jules Saliège, Cardinal Archevêque de Toulouse (Jacques-Alain Miller le rappelait récemment), qui fit lire en chaire par tous les curés de son diocèse un mandement contre les lois anti-juives de Vichy, et contre la déportation des Juifs. Les nazis vinrent l’arrêter, mais, comme il était  impotent dans sa petite voiture, l’infirmière qui s’occupait de lui leur fit honte, et ils n’insistèrent pas. Je tiens ce dernier détail d’Alain Badiou qui me l’a raconté, et dont le père, grand Résistant, Maire de Toulouse, et de gauche, était ami du Cardinal. Celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas, eût dit Aragon.

Non que je soupçonne l’Église, toujours de France, d’adhérer aux thèses du FN (hormis une toute petite poignée d’évêques, à ce qu’on me dit). Et puis vous me direz : mais enfin, Marine Le Pen ne demande pas la déportation des Juifs !  – Ah ! bon, elle vous l’a dit ?  –  Il est vrai qu’elle ne demande que le refus de recevoir les migrants, la ségrégation des étrangers, la mise au pas ou l’exclusion des Musulmans et la préférence des Français accordée aux Français. Sans parler du reste. Et puis, n’est-ce pas, je sais ce qu’on m’objecte : qu’il ne faut pas mépriser les « simples d’esprit », pauvres, exploités, et sans doute aveuglés, qui votent FN, ni les traiter de fascistes, au lieu de compter sur eux pour opérer un discernement qu’on n’ose pas éclairer à leur place ?

Mais justement n’est-il pas permis à quelqu’un comme moi, qui n’ose pas me tenir pour l’un d’entre eux, qui ne suis pas riche, mais pas trop exploité, de me demander si, une fois que notre anti-Jeanne d’Arc parvenue au pouvoir promulguera les lois qu’elle prévoit, les prudents prélats ne déclareront pas alors : « Ah !, non, nous n’étions pas d’accord pour que cela aille si loin ! »

Rassurons-nous, elle se dit maintenant « au-delà du racisme ». Il est vrai qu’au-delà du racisme, on saisit mal ce qu’il y a, à moins que ce ne soit  l’antisémitisme. Faut-il alors dès à présent attendre d’elle la proposition de lois toujours plus dures pour s’inquiéter sur le discernement des simples ?

Que de Saliège nous manquent ! Qu’il nous manque un Bernanos !

 

 

 

 

Le cardinal Saliège ; Raymond Badiou, aux côtés du Général de Gaulle

 

ALAIN FINKIELKRAUT :

« ON NE PEUT PAS FAIRE DE LA SHOAH

UN ARGUMENT DE CAMPAGNE »

Transcriptions réunies par Rose-Marie Bognar.

Sur la vidéo de l’émission du 30 avril, A. Finkielkraut commente en ces termes la visite d’Emmanuel Macron au Mémorial de la Shoah.

Suite de la vidéo : A la question d’Elisabeth Lévy, « Dupont-Aignan commet-il une faute morale en se ralliant à MLP ? » AF répond : « Je ne dirais pas cela. Je ne mets pas en doute sa sincérité, il n’y a pas que lui, il y a M. F. Garaud, il y a un peu Henri Gaino, je ne suspecte pas leur gaullisme (…) ce n’est pas une faute morale, c’est une faute politique »

Suite de la vidéo : « Le cordon sanitaire, ce n’est pas simplement un cordon sanitaire autour du FN pour nous protéger – E Lévy : Mais c’est pour nous protéger aussi des questions qu’il pose et des demandes de ses électeurs – AF : Exactement »

Autre vidéo de Causeur il y a 14 jours : « Le problème de Marine Le Pen n’est pas son supposé pétainisme mais son poutinisme ».

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NB. j’ai contrôlé mon savoir sur le shlémil en consultant le célèbre lexique de Leo Rosten, Les Joies du Yiddish, Calmann-Lévy, 1994 ; l’original est américain. La référence à Offenbach est due au traducteur. Le shlémil est souvent un personnage touchant et poétique, une sorte de Pierrot lunaire juif. Ce mot n’est donc nullement par lui-même une injure. Mais on ne s’attend pas à ce qu’un Académicien français soit un shlémil. Pur préjugé. — JAM

 

Les Âmes nocturnes, spectacle de la Cie Le Shlemil Théâtre  

Le Monde : « Une fantaisie poétique incomparable. »

 

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Journal extime 

diffusé par

Lacan Quotidien,

la Règle du jeu

L’Instant-de-voir

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Achevé de composer le 1er mai 2017 à 19h 07

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