Le choix du pire : Populisme, Complotisme et  pourritude ! Hélène Bonnaud

ange et démonNous voilà à l’heure d’un nouveau choix. Il y avait quatre candidats, il en reste deux. Alors qu’il semblerait que ce choix soit un des plus simples à faire, la cacophonie semble faire résonner l’impact du vote Le Pen dans notre pays.

En 2012, tout le monde s’est levé pour faire barrage au père en votant pour Chirac. Aujourd’hui, ce Un massif s’est dispersé et il faut bien le reconnaître, le choix qui devrait faire unanimité, se fissure, se fracture même, comme si cette évidence n’avait plus de sens.

Faut-il en déduire que Marine Le Pen a réussi sa dédiabolisation ?

Il m’apparaît que oui. Déjà parce qu’elle est arrivée dès le premier tour à faire un score important. Et aujourd’hui, parce que son nom ne fonctionne plus comme un impossible. Elle a réussi à faire du Front National un parti qui pourrait la porter à la magistrature suprême, selon l’expression consacrée.

Alors je m’interroge sur notre action. La nôtre et celle des autres… Certes, nous avons re-diabolisé son nom et son parti. Nous avons tout au long des jours qui ont précédé le Forum 18, dénoncé son double discours, mis en lumière ses attaches fascistes et antisémites, et l’appropriation décomplexée qu’elle fait des signifiants de la démocratie et de la république.

Si elle n’a pas obtenu le score qu’elle attendait dès le premier tour, cela paraît lié à la mobilisation opérée pour lui faire barrage. Cela ne fait aucun doute.

Mais elle est là. Elle brille dans le vent, poussée par son désir, poussée par sa popularité dont elle sait qu’elle est l’emblème. Pour MLP, s’adresser au peuple pour lui servir de pseudo-défenseur, c’est générer les thèses du complotisme et de la dénonciation des fauteurs (les énarques, les journalistes, les banques, etc.)
La France est donc bien coupée en deux, même si le barrage à MLP se présente comme une réaction de principe qui rallie la droite et la gauche démocratique. MLP est l’objet a de la France, objet de brillance d’un côté, d’horreur de l’autre. Mais sa présence sous les espèces de la maladie du populisme et de la xénophobie,  est identifiable au ver dans le fruit.

Et c’est ce qui donne à cette élection le mauvais goût de la pourritude. Ce néologisme dévoile ce qui s’est passé depuis la célèbre bravitude de Ségolène Royale à ce qui  aujourd’hui  s’aperçoit derrière le front, le front de mer et ses vents mauvais, cette pourritude à l’œuvre.

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