JOURNAL EXTIME (17)

 

écrit durant la journée de vendredi 28 avril

LA PAUSE DE LA BÊTE

Dîner hier soir avec Lilia et Jean-Marie chez l’un de leurs restaurants préférés, Lily Wang, une réussite des frères Costes, qui se donne pour « le rendez-vous des amateurs de cuisine-fusion ». C bon, c léger, c pas compliqué, ça ne fatigue ni les papilles de la langue ni les petites cellules grises du cerveau. Depuis la nuit de dimanche à lundi, c’est la première fois que je me pose.

Au sortir d’un rude labeur, tout chez Lily Wang a un effet apaisant sur moi :  Lilia toujours amicale et élégante ; Jean-Marie qui connaît le monde politique comme sa poche (qui est profonde) et qui invente pour distraire ses commensaux des sketches à mourir de rire ; la serveuse allurale ; une touche de luxe frelaté. J’arrive là comme la Bête, avec une barbe de quatre jours, habillé comme l’as de pique, dans une vêture que je n’ai pas quittée depuis lundi, comme si je dormais dans la tranchée sur le champ de bataille.

 

LA BULLSHIT DES CHOUETTES

A 16 :00 jeudi, j’en étais encore à débattre avec ma fille au téléphone sur le point de savoir si j’allais écrire le ou la bullshit dans mon « Bal des lepénotrotskistes ». Il y a des arguments dans les deux sens et pas de maître de la langue à qui se référer. Si Sollers avait employé le terme, je me serais aligné, mais je ne sache pas qu’il l’ait  fait. J’aurais pu l’appeler, lui extorquer une indication, mais je ne me voyais pas le déranger pour si peu quand il maintient un silence farouche non seulement à mon égard mais dans tous les médias où il brille par son absence alors que la bataille politique fait rage.

Le grand homme, grande plume et grande gueule, a choisi de passer son tour et de s’enfermer dans sa bulle alors que Hugo de son exil de Guernesey se rendait tous les jours présent à Paris. L’exil intérieur de Philippe qui crèche la porte d’à côté l’isole et l’éloigne davantage que s’il était dans une île anglo-normande, voire à Sainte-Hélène. Y a-t-il quelque Waterloo intime qui motiverait le silence de Sollers ? Respectons le voile tiré sur son intime, même si dans ce silence où Sollers s’enveloppe, je ne reconnais plus l’auteur de Littérature et politique. Boileau avait attendu la mort de Molière pour lui porter ce coup de dague, moi, moins fourbe que Scapin, je pique mon Philippe pour qu’il se manifeste.

Il me lit, donc : « Hola, Sollers ! Je ne vous fais pas la morale. Je sais comme vous et comme Lacan et quelques autres que “la morale est la faiblesse de la cervelle” (Rimbaud cité par Ph. Sollers, Littérature et politique, p.747). Je vous dis seulement que votre voix manque à vos amis, j’en parlais encore la semaine dernière avec Catherine Millot. »

On n’entend pas non plus Julia. C’est un choix délibéré qu’ils font, les mariés de Saint-Germain-des-Prés, et qui ouvre sur quoi ? Je ne sais. Je suis bien sûr qu’eux ne nous la joueront pas « chouette de Minerve qui ne prend son envol qu’à la tombée de la nuit » (Hegel, Principes de la philosophie du droit). Jouer chouette de Minerve en l’occurrence consistera à paraître quand la poussière de la bataille sera retombée et à nous expliquer avec brio et force forfanteries tout ce que nous n’avons pas su voir dans ce que nous avons vécu. Philippe et Julia laisseront ce rôle aux Rancière et aux Badiou, si diserts quand Le calme règne à El Paso, et qui sont sous la table du saloon quand c’est Règlement de comptes à OK Corral. Ce sont des sages, mais il est des cas où la sagesse se distingue mal de la lâcheté. A vrai dire, ils n’ont pas fait autre chose en mai 68.

J’élude mes responsabilités de co-créateur de la langue française en proposant à Eve d’écrire : « cette bullshit comme on dit au Québec ». On sent tout de même mieux la chose, si j’ose dire, quand on la met au féminin.

 

DÉFI A EDWY PLENEL

BFM-TV (je résume) : « Marine Le Pen mène sa campagne tambour battant, très offensive sur les pas de Mélenchon. Elle reprend son expression préférée : “Dégagez-les !” » Pour faire bonne mesure, elle cite aussi Jaurès, qui fut le fondateur de L’Humanité. Elle drague et Mélenchon et le PC.

Cette Marine est une vraie goule détrousseuse de cadavres. En 1914, les ancêtres du FN criaient « Jaurès au poteau ! » et, comme on sait, ils finirent par le tuer pour de vrai le 31 juillet au café du Croissant qui existe toujours. Vient le 28 avril 2017, et l’héritière de ses bourreaux se recommande la bouche en cœur de saint Jean-Jaurès.

            On voit bien le piège mortel pour la démocratie que constituait la fameuse « dédiabolisation ». Cela voulait dire : il sera désormais hors de propos de rappeler les racines, la filiation, la généalogie, du FN. Vous le traiterez comme un nouveau-né, vous examinerez son programme, ses idées, ses propos, le tout sans préjugés, « objectivement ». Les journalistes ont adoré. Journalistes de droite et d’extrême-droite, bien sûr, mais aussi bien journalistes de gauche et d’extrême-gauche.

 Même Edwy Plenel, si avisé d’ordinaire, a donné dans le panneau : « Mediapart vous détaille le programme du FN et vous le démolit », disait-il en substance. Non, Edwy ! Ce qu’il fallait dire, c’est ceci : « Le parti des collabos et des admirateurs de Hitler nous présente un programme qui n’est qu’un paravent pour cacher sa vraie nature, un programme qui n’est rien qu’une savonnette à vilain. »

Le mercredi soir où le malheureux François Bonnet, en votre absence, a eu à présenter le dépiautage du programme susdit, il a eu deux phrases pour s’excuser d’avoir fait allusion dans la première à 1945. Ce repentir immédiat voulait dire très précisément ceci : ne croyez pas que nous  utilisions cette référence à la seconde guerre mondiale pour majorer le danger FN et justifier ainsi le vote utile Macron, comme font certains. C’est là, sur Mediapart, ce soir-là, que j’ai pu mesurer jusqu’où s’étendait dans la gauche profonde l’emprise de ce que je devais appeler cette semaine le « lepénotrotskisme ».

Je cite de mémoire. J’ai noté les quatre premières phrases de Bonnet dans un cahier, et le replay doit être facile à trouver. J’ai été si arraisonné par l’épisode que j’ai écrit une analyse de ce quatuor, et puis, un sujet chassant l’autre, je n’y suis pas revenu. Mais je lance un défi amical à Edwy Plenel : invitez-moi donc sur Mediapart, repassez ces quatre phrases à l’écran, et démontrez-moi que je me trompe, que je fausse, que j’interprète de travers.

Ce serait un duel sans autre arme que nos langues à l’un et à l’autre, l’une et l’autre bien pendues. Je serais honoré, cher Edwy, que vous acceptiez ma propositin en dépit des contraintes qui s’imposent à une publication comme la vôtre, celles de l’actualité immédiate, celle de faire du chiffre d’audience, etc. Si vous estimez que mon idée est déplacée, je n’insiste pas.

 

MÉLENCHON LE RABOUILLEUR

Retour à aujourd’hui. On se coirait revenu au temps des Ligues et des manifestations factieuses des années 30, quand il s’agissait de jeter les députés à la Seine.

Marine LP tient à démonter qu’elle est sur la même longueur d’ondes que la France insoumise. Résultat : par son silence « assourdissant » (Libé dixit), Méluche désarçonne ses électeurs ; Marine les hameçonne par ses gueulantes. C’est la division du travail. Les deux font la paire. Pendant que Méluche affole et désoriente la poissonnaille, la rabouille, comme on dit à Chateauroux, ma ville natale, Marine se poste en aval et recueille les bestioles dans un filet aux mailles fines, tendu d’une rive à l’autre.

On annonce sur BFM que Marie-France Garaud vote Le Pen. Cette dame fait croire depuis toujours qu’elle est une gaulliste pur sang alors qu’elle n’a jamais servi le Général : elle a servi son tombeur, j’ai nommé l’archicube Pompidou, lequel — ami de Sagan et de Senghor, employé de Rothschild, homme lettré et homme de bon sens au point de n’être jamais entré dans la Résistance — aurait certainement été horrifié du choix de sa conseillère.

08 :10 : Bourdin reçoit Louis Alliot, le rusé vice-président du FN qui, l’autre soir sur TF1, avait saisi avec empressement la main tendue de Mélenchon au FN. La main morale, s’entend. La poignée de main, le Montoire de Mélenchon, ce sera pour plus tard.  

Pour me détendre, je vais me faire un petit cinéma.

 

LA POIGNÉE DE MAINS DE MONTOIRE EN 2017

Le maréchal Mélangeons s’est exprimé sur tous les médias audiovisuels dans les termes suivants.

« Français, J’ai rencontré, jeudi dernier, la présidente de la République. Cette rencontre a suscité des espérances et provoqué des inquiétudes. Je vous dois à ce sujet quelques explications.

Une telle entrevue n’a été possible, quatre mois après notre défaite électorale, que grâce à la dignité des Français devant l’épreuve, grâce à l’immense effort de régénération auquel ils se sont prêtés (grâce aussi à l’héroïsme de nos marins, à l’énergie de nos chefs coloniaux, au loyalisme de nos populations indigènes). La France s’est ressaisie. Cette première rencontre, entre la présidente victorieuse et le vaincu de la présidentielle, marque le premier redressement de notre pays.

C’est librement que je me suis rendu à l’invitation de la Cheffe. Je n’ai subi, de sa part, aucun « dictât », aucune pression. Une collaboration a été envisagée entre nos deux partis, le FN et la France insoumise. J’en ai accepté le principe. Les modalités en seront discutées ultérieurement.

À tous ceux qui attendent aujourd’hui le salut de la France, je tiens à dire que ce salut est d’abord entre nos mains. À tous ceux que de nobles scrupules tiendraient éloignés de notre pensée, je tiens à dire que le premier devoir de tout Français est d’avoir confiance. À ceux qui doutent comme à ceux qui s’obstinent, je rappellerai qu’en se raidissant à l’excès, les plus belles attitudes de réserve et de fierté risquent de perdre de leur force.

Celle qui a pris en main les destinées de la France a le devoir de créer l’atmosphère la plus favorable à la sauvegarde des intérêts du pays. C’est dans l’honneur et pour maintenir l’unité française, une unité de dix siècles dans le cadre d’une activité constructive du nouvel ordre européen, que j’entre aujourd’hui dans la voie de la collaboration.

Ainsi, dans un avenir prochain, pourrait être allégé le poids des souffrances de notre pays, amélioré le sort de nos chômeurs de longue durée, atténuée les frais des charges sociales. Ainsi pourrait être (assouplie la ligne de démarcation et) facilités l’administration et le ravitaillement du territoire. Cette collaboration doit être sincère. Elle doit être exclusive de toute pensée d’agression. Elle doit comporter un effort patient et confiant.

(L’armistice, au demeurant, n’est pas la paix.) La France est tenue par des obligations nombreuses vis-à-vis du parti vainqueur. Du moins reste-t-elle souveraine. Cette souveraineté lui impose de défendre son sol, d’éteindre les divergences de l’opinion, de réduire les dissidences des psychanalystes de l’Ecole de la Cause freudienne et de leurs amis.

Cette politique est la mienne. Les élus et les cadres de la France insoumise ne sont responsables que devant moi. C’est moi seul que l’histoire jugera. Je vous ai tenu jusqu’ici le langage d’un père. Je vous tiens aujourd’hui le langage du chef. Suivez-moi. Gardez votre confiance en la France insoumise éternelle. »

    Je me réveille. Le brave M. Alliot devise toujours avec M. Bourdin.

 

AVANTAGE FN

On ne voit plus beaucoup M. Philippot, avec son rictus ironique et ses faux-airs de coupeur de têtes. C’est M. Alliot, plus rond, avec l’accent chantant du Midi, qui est mis en avant. C’est de plus un ami et un obligé de notre ami Roland Dumas.

Alliot est un homme du monde : il ne prend jamais la mouche, il ne serre pas les machoires comme M. Philippot ou comme moi-même quand nous sommes contrariés, il vous met dans sa poche en deux temps trois mouvements.

            Bourdin le questionne sur le président pro tempore du FN, dont on aurait découvert des déclarations nazies et négationnistes. Alliot (en substance) : Jean-François Jalkh a renoncé à sa mission ; il portera plainte contre ceux qui le calomnient ; pour ma part je ne l’ai jamis entendu ni en public ni dans l’intimité proférer aucun propos de ce genre ; ce sont des menteries répandues par des officines antifascistes, entre guillemets « antifascistes » car « le fascisme n’existe pas en France. » CQFD.

            Bourdin le titille sur le thème : le FN cherche à pêcher au second tour les électeurs mélenchonnistes du premier. Il ne s’agit pas de cela, assure, bonhomme, M. Alliot. Mélanchon et nous, nous sommes des souverainistes et nous défendons le service public. Or, les mélenchoniens élus sur cette base dans les régions font volontiers cause commune contre nous avec les exécutifs régionaux qui suivent une ligne opposée à celle qui nous a valu d’être élus, ligne mondialiste et conduisant au démantélement du service public. Les électeurs de Mélenchon, croyez-moi, ne sont pas fous, pas schizophrènes : ils comprennent très bien que nous sommes plus proches d’eux que M. Macron. Au second tour on élimine. Eh bien, FN et France insoumise, éliminons ensemble les idées de M. Macron.

Expliqué comme ça, d’une voix suave, c’est indiscutable. Il est très fort, Louis Alliot. FN = 1, Démocrates = 0.

            De plus, il ne manque pas d ‘élégance. Il salue l’honnêteté de Mélenchon dans sa démarche, et se félicite comme l’autre soir sur TF1 de ce qu’il n’ait pas appelé comme les autres à voter Macron.

  1. Alliot réprimande M. Attali pour avoir traité d’anecdote le drame de l’usine Whirlpool. Il ne pense pas aux familles, M. Attali, aux enfants qui vont à l’école, etc. Que dire ? sinon : FN = 2, Démocrates = 0.
  2. Macron devrait forcer M. Attali à se laver la bouche avec du savon, comme on faisait jadis. Attali avait pourtant bien commencé quand il était polytechnicien, il avait rédigé quelque chose, je crois me souvenir, sur les paradoxes électoraux dans la veine de Condorcet et Kenneth Arrow, qui avait intéressé Lacan, et je me demande même si une rencontre n’avait pas eu lieu. Mais repérée par Mitterrand, cette intelligence déliée s’était mise au service du Prince.

            Attali s’est fait connaître ensuite par ses plagiats, comme Alain Minc d’ailleurs. Il y a là très certainement un type psychologique : le garçon brillant, mais qui en fait trop, et finit par chiper ici et là des idées et des paragraphes. Il y a aussi une sombre histoire de carte de crédit détournée de son usage légitime qui coûta à Attali la direction de la Berd, qu’il avait inventée. Tout cela ne lui a pas nui dans l’élite de la société parisienne, dont il est l’un des carrefours.

            Sa dernière boulette est bien dans sa manière. Ce ne sont pas des choses à dire, Attali, hors des Conseils d’administration. Bien entendu, à l’échelle des problèmes planétaires dont traite tous les jours le Groupe de Bilderberg, le malheur des pauvres gens, des 300 ouvriers bientôt chômeurs, ce n’est qu’une anecdote, comme il est vrai que, dans l’histoire militaire de la WWII, les chambres à gaz, ce n’est qu’un détail. Si mon souvenir est bon, pas une page, pas une seule mention dans le livre admirable de Liddell Hart. Et un petit chapitre sur la Shoah dans celui, plus récent, plus sensible à l’air du temps, d’Antony Beevor. Seulement, une vérité, ce n’est pas un contenu exact, c’est un événement beaucoup plus complexe : il y entre qui la dit, et pourquoi, et en réponse à quoi, etc. Quand on factorise, si je puis dire, ces données nuancées et glissantes, on conclut : Jean-Marie Le Pen est un antisémite et Jacques Attali, même omni-intelligent, est un con.

Puisque je parle de Le Pen père, on apprend que celui-ci promet pour le 1er mai « une surprise ». Bourdin chatouille Louis Alliot là-dessus : « Oh ! il fait ça pour attirer le chaland », dit son presque gendre. Et dire que ce sont ces gens-là qui nous donnent à nous incroyants des leçons sur la famille, cellule sociale fondamentale, et patati et patata, bla bla remontant à Bonald. Eh bien moi, je peux vous dire que si j’avais parlé comme ça de mon beau-père — qui pourtant savait attirer le chaland, et comment ! —, je n’aurais pas fait de vieux os.

 

REDIABOLISER

A peine M. Bourdin a-t-il dit au revoir à M. Alliot que surgit M. Barbier, le brillant éditorialiste de L’Express, qui commente ses propos sur la démission de Jalkh : Marine le Pen « ne veut pas courir le risque de la re-diabolisation. » Bingo ! Voilà le mot ! Et c’est un archicube qui l’a trouvé !  

Macron, écoute bien ! Tu vas maintenant me REDIABOLISER en quatrième vitesse la Valkyrie jouant les Mamie Foodie.

Avant de toucher un gros héritage, de quoi avait vécu son père ? — sinon de la vente de disques et de cassettes de chants de l’armée allemande impériale puis nazie. Allemande, nazie, pas de l’armée française royale puis républicaine. L’enfance de Marine a dû être bercée par le Heidi, Heido, par le Horst-Wessel-Lied, par Das Deutschlandlied. Ce sont ces chants qui payaient la bouffe chez les le Pen, la leur et celle du chien. Ce sont ces paroles martiales qui leur payaient leurs vêtements, leurs livres, leurs chaussures, qui payaient les factures d’eau, de gaz, d’électricité. Ce n’était pas : « Merci, petit Jésus ! », mais : « Danke, und Heil Hitler ! »

Cette famille a vécue tous les jours du nazisme, sur le nazisme, suçant le sang du nazisme, tels des parasites, plus précisément des ectoparasites, mais ce n’est pas le moment de s’appesantir sur la parasitologie, bien que ce soit une passionnante discipline.

D’autres ont fait suer le burnous. L’expression signifie : faire durement travailler la main d’œuvre étrangère, et par extension, exploiter, faire travailler exagérement. Le burnous est un grand manteau de laine avec capuche, porté au Maghreb ; l’emploi du mot est ici métonymique. Eh bien, les Le Pen, eux, ils ont vécu de faire suer l’uniforme vert-de-gris. Ils ont bouffé nazi, dormi nazi, pissé nazi, chié nazi. Oui, je dis chié nazi, parce que je suis du pays de Rabelais, et aussi pour emm… France Culture, station radio où l’on m’a fermé la bouche la semaine dernière parce que je disais qu’un M. Chatillon, pote de Marine, était, selon la rumeur, un nazi. On aurait cru que j’avais lâché un pet chez la duchesse. France Culture, la honte.

Et voilà maintenat que l’héritière nourrie au lait du nazisme depuis sa plus tendre enfance vient nous donner, la bouche en cul de poule, des leçons de francitude ! Quel infernal culot !

Le mal est profond. On a permis au diable lui-même de se dédiaboliser. « Monsieur Satan, à vous la parole ! » La peste a gagné d’abord les plus faibles, les plus démunis, les fameux périphériques de Christophe Guilluy. C’est maintenant la jeunesse mélenchonisée des centres urbains qui est touchée, celle des lycées, des prépas et des facs. Mélenchon, le mélenchonisme, ouvre la porte à la prise du pouvoir par Marine Le Pen, que ce soit par la voie de l’abstention ou par celle du vote Le Pen.

Combien de temps les médias cacheront-ils que Mélenchon fut et demeure la marionnette d’un hitlérien, qui se gobergeait avec les nazis quand mouraient les nôtres ? Combien de temps, médias, parlerez-vous d’autre chose ?

Que Macron soit trop ceci ou pas assez cela n’importe pas. Marine est ce qu’elle est. Et ce qu’elle est, c’est le mal absolu. Dans l’Etat de droit, ça se combat dans une campagne électorale. Quand ce n’est plus l’Etat de droit, ça se combat les armes à la main.

Puisque je parlais chanson, il y en a une qu’il faudrait apprendre à la jeune classe.

Ecoute bien, Lambert, au bras de Déat ! Ecoute, Mélenchon, au bras de Lambert ! Ecoute le glas ! Et ne demande pas pour qui il sonne : il sonne pour toi. C’est comme ça, c’est le topos qui veut ça.

Tu es fini, pauvre Méluche. Tu es fini, Pierre Lambert. No future pour Mister Nazi !

 

Miliciens, mouchards, tristes apôtres,

Cette complainte est également la vôtre

Tortionnaires, bourreaux et mercenaires

Elle rythme votre heure dernière

Collaborateurs écoutez-la bien

C’est pour vous que chante ce refrain

 

C’est la complainte des nazis

C’est la complainte des pourris

Qui met au ventre des salauds

La peur d’la corde ou du poteau

Elle accompagne en quelques mots

L’agonie de l’ordre nouveau

 

À vos potences, hommes de Vichy

C’est la complainte des nazis

 

 

LES AMIS DU JOURNAL EXTIME

FRANÇOIS REGNAULT : ENCORE VICTOR HUGO

En 2002, deux-centième anniversaire de la naissance de Victor Hugo (« Ce siècle avait deux ans… »), j’accompagnai la belle Rachida Brakni, qui jouait à la Comédie-Française le rôle de la Reine dans la mise en scène du Ruy Blas de Victor Hugo par Brigitte Jaques-Wajeman, au Sénat où, à l’occasion d’une séance solennelle d’hommage à Victor Hugo, qui avait été sénateur de 1876 à 1885, elle lut à la tribune un passage des Misérables à propos de l’opposition entre Réforme et Révolution. Puis, de l’extrême droite à l’extrême gauche, tous les partis firent l’éloge de Victor Hugo. Jack Ralite pour le Parti Communiste et Robert Badinter pour le Parti Socialiste, ce dernier avec d’autant plus d’éclat qu’il avait contribué à arracher à François Mitterrand la suppression de la peine de mort, désir constant de Victor Hugo.

Je lui présentai Rachida, et il nous raconta que Victor Hugo sénateur avait en somme siégé dans l’hémicycle du Sénat de plus en plus à gauche, ancien Pair de France devenu le défenseur  assidu des Communards ; mais le Sénat conservateur, nous dit Badinter, l’écoutait de moins en moins. Le noble vieillard les rasait !

Il donnait cependant ainsi, en allant de droite à gauche, un exemple rêvé à la jeunesse votante qui reproche aujourd’hui à ses parents de se rallier au  macronisme, et de vérifier ainsi le misérable préjugé anthropologique : plus on vieillit, plus on devient conservateur, plus on se soumet ! D’où évidemment la faveur accordée par elle à un Mélenchon un peu vite comparé à Victor Hugo, d’autant plus qu’il en récite, du Hugo, en veux-tu en voilà.

Reste qu’il y a un abîme entre un communisme électoral fabriqué et le génie politique du grand poète mort.

Alors que reste-t-il aux jeunes gens déçus par celui qui semble au dernier moment s’être replié sur son petit Aventin ?

On me permettra d’avancer trois solutions à l’intention des adolescents, réels ou demeurés,  dégoûtés par les résultats ou les issues du vote.

La fameuse hypothèse communiste, présentée parfois comme idée régulatrice. Ce qui ne me convainc guère dans la mesure où, chez Kant, les idées régulatrices ne vont pas très loin : c’est la différence, selon lui, entre le jugement déterminant et le jugement réfléchissant1 ! Mais un communisme réfléchissant est-il possible ?

L’hypothèse du Royaume des Cieux, qui vient juste après celle de la Société sans classe, et qui suppose une conversion religieuse (l’époque s’y prête), mais à condition, contrairement à la maxime du Christ, de ne rien rendre à César, et tout à Dieu. Cela peut conduire à un fanatisme certain, car c’est au fond une position… djihadiste : détruire entièrement César.

Enfin une hypothèse sceptique, à la Schopenhauer, d’après ce grand philosophe pessimiste, qui séduira toujours les non-dupes, les aristocrates grand-seigneur et les poètes maudits.

Il concluait à la fin de sa vie : « Eh bien, nous nous en sommes bien tiré »2. Reste, comme le disait Lacan, que, du moins pour ce qui en est des non-dupes, ils risquent fort d’errer au Royaume des Morts3.

 

  1. Kant, Critique du jugement.
  2. Didier Raymond, Schopenhauer, Seuil, 1979.
  3. Jacques Lacan, « Préface à L’Éveil du printemps», Autres écrits, Seuil, 2001.

 

NATHALIE GEORGES-LAMBRICHS : UN ROSEAU À QUALITÉS

Nous sommes avertis par celui que la victoire de Le Pen sur Jospin propulsa à l’Élysée avec un nombre de voix tel que les dictateurs n’osent plus en rêver : « les promesses sont faites pour ceux qui y croient ». Non seulement le cap d’En Marche n’est pas très défini, mais le serait-il qu’il en serait plus mensonger.

Il n’empêche : en direct, Emmanuel Macron a bel et bien lâché « on y va » en même temps qu’il se levait pour rencontrer sur le site de l’usine les grévistes de Whirlpool où son adversaire venait de lui jeter son gant. Le cheveu du kaïros changea de main. Point chêne, roseau. Ce qui le meut ?

Un désir de réformer, en informant, rien de moins que le style politique français. Du dire au faire, il y a plus d’un pas. Pour l’heure Emmanuel Macron a donné à voir sa face de Chérubin qui confesserait le diable sans le reconnaître. Naïf donc, mais rusé pourtant, roué, prêt à rendre sur-le-champ dix phrases belles et bonnes pour une apostrophe peu amène, jusqu’à, futur patron du patron (ou de la patronne) des patrons, recueillir l’hommage à son courage de la part de François Ruffin qui, bluffé sur l’instant, l’attend au tournant, prévient-il très vite. 

Un phénomène le « petit Emmanuel » – comme l’appelle affectueusement Daniel Cohn-Bendit ? C’est ce qui peut porter au pari, un cran au-dessus du choix forcé : il s’y rompra, rompra et pliera, mais sans se rompre – si les gros poissons ne le mangent pas.

Il a plié sous les éloges de son aîné de Pau qui le comparait à Henri IV, Alexandre et John Kennedy – l’on fut bien aise, étant donné le destin commun à ces trois-là, de savoir que l’inconscient n’est plus ce qu’il était. Et quand il déplia la lettre de Diderot à Sophie Volland pour déclarer « je vous aime » aux 20 000 personnes qu’il avait réunies à Bercy, il sembla plier avec élégance sous cet amour dont nul ne sait où il émarge ni s’il se nourrit de pain ou de brioche. « Nouvel amour », à l’instar de l’inconscient de jadis ? Emmanuel Macron incarnera-t-il cette politique qui doit s’inventer à chaque instant dans le creuset de l’expérience ?

Nous avons nos raisons de suivre la chose de près. Comme en a témoigné Camilo Ramirez au forum de Choisy-le-Roi, il y a un certain temps que l’on peut tomber, dans l’administration française, sur un fonctionnaire qui moque votre accent étranger et oppose impunément son inertie maligne au plein exercice de vos droits. Depuis des mois sinon des années, les centres d’accueil pour étrangers reçoivent en douce des consignes de ne pas appliquer les lois favorables à ces derniers. Ils bloquent les procédures, perdent les dossiers. Ils n’ont plus peur, ils sont aux portes, ils sont bien nourris dans la place, les loups qui aiment la meute. Le loup que chacun est pour l’autre va-t-il irrésistiblement chanter avec eux dans l’isoloir ? Ce deuxième tour n’est qu’un prélude au pire, immédiat ou prochain. 

Si Macron l’emporte, sa volonté de donner à la France un nouveau souffle devra être mise à l’épreuve tout de suite. De quelle manière et dans quel style ? Ah, c’est encore une question.

 

CAROLINE LECOMTE : STOP AU CHANTAGE DE VOTRE VOIX

@dizaines

En 2002 entre les deux tours qui ont opposé Chirac et Jean-Marie Le Pen, j’étais en grande difficulté. Cette élection a été un événement de corps pour moi, qui a produit une perte et un déplacement. J’étais jeune électrice, je me définissais à gauche. Ce qui a été difficile n’était pas de voter Chirac : ce fut une évidence, aussitôt, pour moi. Ce qui l’était, c’était déjà d’entendre mes amis de gauche maudire ce choix électoral, douter de leur acte crucial à venir, dire qu’ils le feraient, cet acte de glisser le bulletin CHIRAC dans l’urne, en se trahissant, en se pinçant le nez. N’était-ce pas, au contraire, le seul acte de conviction possible dans une démocratie parlementaire bancale comme la nôtre ? Le choix de la démocratie contre le choix du fascisme. Cet entre-deux tours cauchemardesque m’a durablement déplacée dans mon rapport à l’idéal. Mon cœur reste à gauche et j’aime que la gauche soit forte car protéger les faibles et redistribuer l’argent de façon plus juste me semblent des enjeux majeurs de la vie publique. Mais à présent, je godille à chaque élection, selon ses enjeux propres et selon l’état des forces des différents partis, l’état de la France à l’instant T, et en gardant toujours un œil sur le cours de la haine que cote le FN, ainsi que d’autres phénomènes mortifères propres à notre malaise.

            Aujourd’hui, ça recommence. Malgré 2002, il me reste quelque chose à perdre pour être vraiment au clair avec ma position. Car, voyez-vous, presque toute ma famille ainsi que l’homme avec qui je vis, que j’aime et que j’estime, ont voté FI au 1er tour, tandis que j’ai voté Macron, par calcul, sans conviction autre que « c’est le bon cheval pour la démocratie ». Je suis très fière que les miens, d’insoumis, aient décidé très vite de voter Macron au 2nd tour, « à titre personnel », comme dit Jacques-Alain Miller. Je suis soulagée, mais je suis restée divisée quant à leur position. Car ils souffrent, ils vivent une déchirure, et « comprennent », selon le terme qu’ils utilisent, les abstentionnistes de leur bord. Il faudrait d’après eux ne pas brusquer les abstentionnistes, les laisser faire leur mue tranquillement, leur « deuil », au risque qu’ils se radicalisent, qu’ils se braquent si on leur fait la morale en leur disant quoi faire. Mais il y a le feu au lac ! 2017 n’est pas 2002 : Macron est en train de baisser tandis que MLP monte, et les chiffres de l’abstention sont massifs, chez les fillonistes comme chez les insoumis. Concernant les fillonistes et Sens commun, je laisse à d’autres le soin de trouver la façon de leur parler. Quant à moi, mon adresse, ma question sont chez les insoumis. Et grâce au texte de J.-A. Miller publié hier, « Le bal des lepénotrotskistes », ce qui restait à se dépouiller pour moi se dépouille.

Quels sont ces citoyens qui vont s’abstenir parce qu’on leur fait la morale ? « On me fait la morale alors je boude et je laisse passer MLP ? » Mais en effet ! Il y a des leçons qui se perdent ! Ça peut ne pas faire de mal une bonne petite giclée de honte quand on est en faute – leçon lacanienne. C’est vraiment le sophisme absolu : Si JE m’abstiens, TU es responsable. Car : « Ah la la tu m’as vraiment trop fait la morale ». En outre, ces abstentionnistes militent pour l’abstention. Le cauchemar se met en place… Que disent les insoumis avec qui je discute jour après jour sur Twitter ? En substance : « C’est de votre faute les méchants macronistes si MLP va passer au pouvoir parce qu’à cause de vous, nous nous abstenons ». Ou encore, de la part des résignés malheureux au vote Macron : « Vous faites le jeu du FN si vous leur faites la morale ». J’y vois la marque de la subjectivité de ceux qui ne sont jamais responsables de rien… Le soir du 7 mai, pourtant, chacun sera responsable de ce qu’il a fait ou n’a pas fait.

J’ai décidé qu’entretemps, je ne me gênerai franchement pas pour faire la morale à ceux qui l’appellent de leurs vœux : je leur ferai la morale avant, pendant, après et jusqu’à la fin des temps. Le chantage au vote « parce qu’on fait la morale », ça suffit comme ça. Nous sommes tous des citoyens responsables. Chacun est libre de voter ce qu’il veut, chacun est libre de s’abstenir ou pas. Dans l’inconscient, nous restons quoi qu’il en soit responsables : chacun sera comptable au regard de soi-même de ses choix. Ceux qui votent Macron en excusant les abstentionnistes seront comptables aussi, car il est possible d’essayer plutôt de les convaincre. Ceux-là y auraient davantage de poids que moi qui avoue benoîtement mon vote Macron, me proposant comme adversaire. C’est de plus une faute d’attaquer Macron à tout bout de champ pour brosser les abstentionnistes dans le sens du poil, car c’est nourrir l’abstention et lui donner des arguments. Mais quel est ce vœu mortifère qui pousse dans cette direction ? La peur de signer un blanc-seing à Macron, me répond-on. Ah ! C’est bien connu : Chirac n’a pas connu d’opposition pendant son mandat parce qu’on a voté à 82 % pour lui…

J’assume ma violence et je suis désolée si elle blesse certains des miens. Sur mon profil Twitter, j’ai décidé d’inscrire : Captain moralisatrice. JE VOTE MACRON + je tue un chaton et un ouvrier tous les matins au réveil. J’entends à présent de nombreux reproches. Ce ne serait pas la bonne tactique. Mais il me semble au contraire que c’est la bonne tactique, partant de l’axiome que c’est l’inconscient qui vote. S’abstenir pour moi, c’est l’inconscient de Ponce Pilate qui s’en lave les mains, c’est, sous prétexte de pureté, lâcher la bride à la jouissance que MLP pourrait passer. Et alors, car on passe d’un rêve à l’autre, « on serait de si merveilleux résistants ». Convaincre, ça ne marche pas, depuis la nuit des temps. Faire honte, au niveau de l’inconscient, ça peut marcher. Les gens n’aimeraient pas qu’on leur marche dessus, qu’on piétine leurs convictions ? Détrompez-vous, le masochisme de chacun est abyssal. En ce moment, nous voyons le très beau masochisme de JLM à l’œuvre – en train de détruire radicalement le mouvement qu’il a construit. Car à l’heure des comptes, que MLP passe ou pas, son silence que les insoumis me renvoient comme si c’était MA censure, lui sera comptable.

On me reproche enfin de me placer dans ce discours comme « la seule pure ». Je ne suis pure en rien, ou disons en pas grand-chose : j’ai voté Macron par pur calcul, sans conviction et je l’assume. Ma pureté, si j’en ai une, c’est celle des maths. Abstention +++ = MLP +++. C’est la seule équivalence qui compte d’après moi. Les maths, c’est le réel, contrairement à ce que m’a opposé un mélenchoniste quand je lui disais concernant l’abstention que c’était les maths qu’il fallait accuser, et non moi. Voilà ce qu’il m’a répondu : « Dans les maths, oui, mais ton interprétation socio-économique est fausse, parce que ce n’est pas des maths ». Ça va loin l’idéal. Ça va jusqu’à nier les maths. Excusez ma façon de le dire, chers insoumis qui votez Macron tout en nourrissant l’abstention, mais pour qui prenez-vous les gens ? Bien sûr qu’il y aura des irrécupérables qui radicaliseront leurs choix. Mais tous les autres, ceux qui doutent, croyez-vous vraiment que ça aide de taper sur Macron, de justifier l’abstention par x bonnes raisons ? À quelle place mettez-vous les abstentionnistes « en les comprenant » ? Je vous le dis, c’est à cette place-là : Ils ont le droit d’être irresponsables, car ce sont des gamins qui risquent de se radicaliser.

            Oui, je leur ferai la morale, au nom de ma seule voix. Unfollowez moi, unfriendez moi. Détestez-moi. Détestez-moi pour le mépris que j’incarnerais. Pour l’instant, ce mépris est en fait suspendu. Ce ne sera plus le cas au soir du 7 mai. Aux miens je veux dire : que les insoumis me détestent de le dire, mais qu’ils aillent plus vite que 15 jours pour déranger leur propre défense. Non, il ne s’agit pas de faire des bisous aux abstentionnistes pour qu’ils aillent voter. Je choisis la tactique de la trique plutôt que celle des bisous. Parfois, dire aux autres leur devoir démocratique est bénéfique. En quoi serait-ce la même chose que de les suivre dans l’isoloir avec un fusil dans le dos ? Enfant, j’ai vécu en dictature chez ma mère. C’est la source intime de ma position. Ma mère un peu trop folle, ça n’a jamais servi à rien de lui faire des bisous – et dieu sait que j’ai essayé longtemps. Mais elle était toujours aussi folle après. La seule chose qui ait marché, c’est de lui dire : Ciao bye bye ! Je ne veux plus jamais te revoir. J’ai honte d’avoir excusé ceux qui excusent les abstentionnistes. Il y en a trop que j’aime ? Eh bien prenons le risque.

 

ANNE-LISE HEIMBURGER : CHER JACQUES-ALAIN

Vous trouverez ci-dessous l’affiche et la liste des participants à la soirée du monde de la culture contre le FN, qui se tiendra ce lundi 1er mai à 20h au Théâtre des Bouffes du Nord.  

Le public promet d’y être varié (plutôt de gauche et comptant sans doute pas mal d’électeurs de Mélenchon qui viennent cependant à cette soirée contre le FN). 

Aucune consigne n’a été donnée ni sur la forme ni sur le fond des interventions. Le seul impératif concerne la durée des passages, dont aucun ne doit excéder 10 minutes.

Au plaisir de vous voir et de vous entendre lundi.

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