Évariste Galois, le Rimbaud des mathématiques par Joachim Lebovits

Article publié dans Lacan Quotidien 671

C’est un fait empiriquement démontré qu’il n’est point besoin d’être âgé pour se révéler grand mathématicien. C’est d’ailleurs la raison officieuse pour laquelle l’âge d’un récipiendaire de la médaille Fields, récompense internationale suprême des mathématiciens, ne peut excéder quarante ans.

Le génie précoce d’Évariste Galois est de ceux qui ont éclos tôt – dès avant 16 ans ! Né en 1811, il meurt à l’âge de vingt ans des suites d’un duel, victime selon ses écrits « d’une infâme coquette » ou de son patriotisme républicain selon ses amis de la Société des Amis du Peuple.

Durant sa brève existence, ce rétif à l’autorité (d’où qu’elle vienne) aura eu le temps de passer plus de six mois en prison pour port illégal de costume militaire après avoir été acquitté de la charge d’incitation au régicide, mais aussi, et surtout, de révolutionner les mathématiques à défaut de révolutionner la Monarchie de Juillet.

La théorie qui porte désormais son nom demeure si féconde qu’on la retrouve présente ou à l’origine de nombreuses branches des mathématiques, qu’il s’agisse d’algèbre de géométrie ou même d’analyse.

Il aura, entre autres, permis de répondre à une question vieille de trois siècles : « Quelles sont les équations dont les solutions s’expriment par radicaux ? »

Évariste Galois : un radical passé maître en l’art de décrypter les radicaux.

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