Pour mémoire. De l’utilité du front républicain, par Deborah Gutermann-Jacquet

Outre les critiques qui touchent le vote utile, certaines visent directement le Front républicain. On le dit usé, et on pointe sa perte de sens. Pourtant, la République s’est fondée sur un consensus minimum et s’inscrit d’abord dans une binarité de principes qui assurent son socle. Ensuite, elle produit des nuances de partis, de projets, de visées. Mais au préalable, elle doit d’abord ériger une bannière commune, qui fait barrière à ses détracteurs. A défaut d’un tel rassemblement, la Troisième République fut d’abord l’antichambre des prétentions monarchistes. Un symbole : ses deux premiers présidents, Adolphe Thiers puis le comte de Mac Mahon, étaient respectivement orléaniste et légitimiste. L’affaire Dreyfus donnera l’occasion de créer un clivage majeur, prompt à dessiner, au-delà de la division droite-gauche, le contour des valeurs de la République. Du côté de ceux qui les défendent, la communauté ne peut se fonder sur l’exclusion de l’Autre et sur la haine. Tous ceux qui veulent au contraire fonder négativement la communauté vont à l’encontre de ce consensus républicain historique. C’est pourquoi, à chaque fois que ressurgit ce spectre, il est nécessaire de refonder le pacte, et d’en éprouver autant la force que l’essence, au-delà du sens.

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