Pour mémoire, par Deborah Gutermann-Jacquet

L’année 1934 s’ouvre sous de tristes auspices : outre la crise économique, les scandales politico-financiers se multiplient et cristallisent sur l’affaire Stavisky. Les ligues d’extrême droite s’agitent et, à la faveur de cette dénonciation de la république corrompue, investissent la rue. Les défilés virent à l’émeute, des barricades sont érigées, les ligues empruntant les codes de la gauche révolutionnaire. Les manifestations culminent le 6 février où un coup d’état est craint. Cette date fait ainsi anniversaire à l’extrême droite. C’est comme un rêve manqué de prise de pouvoir. Deux jours plus tard, les républicains lançaient une contre-offensive et s’unissaient. Les forces démocratiques qui ont vaincu à ce moment-là n’ont, certes, pas éradiqué le péril qui gangrénait toute l’Europe, mais elles ont permis l’avènement du Front populaire et la sauvegarde de la République jusqu’à la défaite de 40. Ce furent six ans de répit. Si la mobilisation d’aujourd’hui permet d’éviter le pire, les cinq ans à venir ne seront pas une douce parenthèse, mais gageons, un temps court et compté pour engager une lutte de fond.

 

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